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La
Collection Viallat.
Pour une large
majorité d’amateurs d‘art, Claude Viallat, est
ce grand peintre contemporain, fondateur du mouvement
supports-surfaces, dont l’univers semble rythmé par
des alignements de formes abstraites tirant entre le haricot et
un osselet vu de profil.
Pour ceux qui le
connaissent mieux, il est ce formidable “transformeur“
de modestes planches, couvercles, fonds de tonneaux et portes de
placards, en autant de dessins, peintures représentant des
taureaux dont certains auraient pu être découverts
dans des grottes du paléolithique.
Et c’est
peut-être là que se dévoile un aspect méconnu
de l’artiste : sa passion pour la bande dessinée, et
naturellement son attirance particulière pour celle qui
utilise des images de taureaux.
Les chercheurs qui
travailleront un jour sur les rencontres entre une part du
travail de Claude Viallat et les premières bandes
dessinées que sont les gravures rupestres en tireront des
conclusions. Ce n’est pas notre propos.
Pour autant, il
amasse depuis bientôt trente ans, tout ce que le 9e
art a pu produire de cases et planches mettant en scène
des taureaux, des buffles et autres cornus belliqueux. Cela
représente aujourd’hui quelque chose comme huit
cents albums, journaux, fascicules ou petits formats, qui
constituent naturellement un ensemble cohérent et tout à
fait unique.
C’est un siècle
de bandes dessinées, américaines, franco-belges,
italiennes qui se trouve rassemblé, fruit d’un
énorme travail de recherche et de patience. Illustrations
à l’ancienne sur papier journal, comic strip, ou
albums modernes cohabitent autour de ce thème commun : la
représentation d’un taureau.
En ouvrant une
réflexion sur deux univers a priori éloignés,
mais qui sont de formidables miroirs de nos imaginaires, cette
collection est une part incontestable de notre mémoire
culturelle
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