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Dans
une grotte perdue au fin fond de la Dordogne, il y a environ 17
000 ans, des hommes vêtus de peaux de bêtes,
commencèrent un jour à tracer sur des parois de
roche ce qu’il est convenu de considérer comme la
première œuvre d’expression graphique.
Quelque
17 millénaires plus tard, le dessinateur de bande dessinée
a remplacé le charbon de bois par le pinceau ou la plume,
et la pierre par le papier, mais il trace encore sur sa feuille
la courbe de ces cornes qui finalement doit bien représenter
pour les humains que nous sommes, une émotion, une
croyance, un mythe ou une attirance esthétique.
Si
il y a déjà longtemps que des peintres, écrivains,
poètes, dramaturges, ou cinéastes ont utilisé
l’animal symbole dans leur travail, il est une discipline
ou cette relation est moins connue, voire totalement méconnue,
c’est le 9e art ou Bande dessinée. Moyen graphique
d’expression populaire, la bande dessinée ne pouvait
évidemment pas ignorer le taureau dont l’irruption
sur la page est censée provoquer le rire ou la peur selon
le genre dans lequel on se situe.
Ainsi
depuis le début du siècle et l’arrivée
de la bande dessinée moderne nombre de grands héros
de papier se sont trouvé, volontairement ou pas,
confrontés à l’animal mythique.
En
racontant depuis les origines, ce que peut représenter le
taureau en tant qu’élément de dessin et
d’histoire c’est une nouvelle approche qui se
dessine. Décalé et iconoclaste, ce travail montre à
travers les choix des créateurs et des scénaristes
ce que le taureau peut représenter dans l’imaginaire
populaire.
Il
est également un révélateur de nos
changements de perception, à travers l’écart
entre les écrits et dessins faits pendant la première
moitié du siècle, et ceux produits de nos jours.
Ainsi ce qui pouvait faire rire en 1950 sur la couverture d’un
hebdomadaire destiné à la jeunesse, semble
aujourd’hui hors du temps et décalé du
discours ambiant.
Ainsi
taureau et bande dessinée, couple improbable de par les
origines et les évolutions,, se croisent, se coupent, et
se rejoignent sur un terrain qui leur est commun, celui des
cultures populaires.
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